Avec suppression des contrats aidés, André Choteau, président de l’Association d’entraide du Calaisis, craint que l’AEC ne passe pas l’année 2018 si le gouvernement met fin au principe des contrats aidés.

Sans contrats aidés, un calcul vite fait et une évidence.

Sans ses contrats aidés, l’Association d’Entraide du Calaisis ne pourra survivre en 2018. André Choteau, son président, l’a annoncé lors d’une conférence de presse consacrée à cette problématique à Blériot.

«Nous avons une dizaine de personnes en contrat aidé aujourd’hui, à 26 heures par semaine. Ce sont des personnes qui, par leur profil, ne pourraient pas trouver de travail conventionnel mais qui ont une vraie fierté à travailler chez nous». L’une de ces salariés a profité de ce statut pour se former dans le domaine de l’hygiène alimentaire, son poste pourrait évoluer vers un CDI à temps partiel. Mais pour les autres ?

« On ne pourrait même plus assurer la collecte des denrées alimentaires. »

Sans financement extérieur, impossible de les garder. Et sans eux, impossible de maintenir l’activité de l’association. Chaque mois, elle propose l’aide alimentaire à quelques 5 000 personnes originaires du Calaisis « mais en grande majorité venues de Calais », précise André Choteau. Pour les nourrir, un balai bien huilé est organisé tous les matins. Avec les véhicules frigorifiques, ils se rendent dès 5 heures dans les grandes surfaces du territoire pour récupérer les invendus qui sont ensuite proposés aux bénéficiaires de l’AEC. Pas question de manquer une seule collecte sinon les grandes surfaces se retireraient du dispositif.

« On a des bénévoles tous les jours qui aident les contrats aidés mais sans ces derniers, il me serait impossible de trouver assez de bénévoles pour faire cette collecte toujours les jours de l’année. Donc, sans contrat aidé, plus d’AEC ! »

Comment se passera l’année prochaine ? Personne ne le sait pour l’instant et personne ne peut donc répondre aux inquiétudes légitimes des bénéficiaires. « Bien sûr qu’ils nous en parlent », lâche André Choteau. Mais sans directives précises de l’État pour l’instant, le flou est total.

Sursis et suspense

« Nous avons appris le 7 septembre qu’une commission de suivi, départemental, est mise en place via l’État. » Cela a permis à des villes comme Blériot – qui travaillent de manière étroite avec André Choteau – de déjà déposer trois dossiers pour trois contrats aidés qui sont à renouveler cette année. Une réunion de cette commission est prévue le 18 septembre « mais on ne sait pas qui y siège, on ne connaît aucun critère. »

Peut-on espérer que cette échéance fera reculer les gros nuages qui ont commencé à s’accumuler sur l’AEC, comme sur beaucoup d’autres associations ? Ce serait illusoire puisqu’André Choteau fait un constat sans appel : le décalage entre la réalité d’une association telle que l’Association d’Entraide du Calaisis et la vision qu’en ont les politiques. « Le problème, c’est qu’ils ne viennent jamais nous voir, ils ne connaissent pas nos locaux, notre fonctionnement, nos obligations ».

En matière d’hygiène alimentaire, par exemple, une association doit elle aussi être irréprochable. Cela va dans le bon sens, bien sûr mais impose des investissements, comme les véhicules ou les chambres froides. Les politiques qui rayent d’un coup de crayon l’existence des emplois aidés connaissent-ils cette réalité ?

Article de  Laurent GEUMETZ publié dans Nord Littoral le 17/09/2017

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