Après Sandrine, c’est l’histoire de Claude, ancien salarié de la dentelle de Calais, que nous allons évoquer aujourd’hui. Avec Valérie, son épouse, il fait partie de ces 1708 foyers du Calaisis inscrits à AEC.

Claude – 49 ans – sans emploi.

Malgré son abord quelque peu bourru et peu enclin à entamer la conversation, Claude après quelques échanges informels s’est ouvert à nous et nous a raconté son triste parcours. Visiblement, il en est sorti soulagé. Il nous a parlé du passé, le temps où il était heureux avec sa petite famille, puis a évoqué le présent synonyme de misère. Quant au futur, il nous a avoué ne plus faire de projets.

Un ancien de la dentelle de Calais.

 C’est à l’âge de 45 que sa vie a basculé. Jusqu’alors, celle-ci était plutôt agréable, une femme, deux beaux enfants, une maison, pas un château certes ! Mais une maison avec un beau jardin dont il était fier.

Son travail aussi était sa fierté. Il était employé dans une usine de dentelle de Calais. Il y occupait un poste de chef d’équipe acquis à la force du poignet, mais aussi grâce à sa conscience professionnelle. Le temps du bonheur !…

Mais comme il dit: « Ça c’était avant ! ».

Fermeture d’usine et licenciement.

Il y a quatre ans de cela, l’usine a fermé ses portes. Elle a laissé beaucoup de salariés sur le carreau. Au début il y avait la prime de licenciement, les indemnités de chômage qui ne durent qu’un temps, et toujours pas de proposition de travail. C’est alors que la spirale de la misère a commencé. Un crédit pour la maison que l’on peine à rembourser, une voiture vieillissante, du travail que l’on ne trouve plus quand on a presque 50 ans, une reconversion non réussie…

Plus de travail, mais les charges restent.

Claude vit ou survit du RSA, c’est selon. Valérie son épouse fait quelques heures de ménage, tôt le matin et tard le soir, dans des bureaux et des magasins.Il faut bien manger, payer l’eau, l’électricité, les remboursements du prêt…

Heureusement qu’il y a l’Association d’Entraide du Calaisis

Heureusement l’association l’aide, comme il dit, « à joindre les deux bouts et à garder un peu le contact avec les gens. On a beaucoup de points communs quand on se rencontre ici ».

Claude a fait une demande pour devenir bénévole qu’il espère voir aboutir pour se sentir encore utile en attendant des « jours meilleurs », mais Claude n’y croit plus vraiment et cela se lit dans son regard triste.